Un Patrimoine Bâti d'une grande diversité

jasserie col des supeyres

Les maisons des hommes

Résultat d’un difficile compromis entre l’utilisation des matériaux disponibles localement, les contraintes d’un milieu naturel souvent rude et de la nécessité d’abriter les hommes, leurs réserves, ainsi que leurs travaux, l’habitat rural du Livradois-Forez revêt une multitude de couleurs et de formes.



 Jas et jasseries
Au XIXème siècle, plus de mille jas sont construits sur les Hautes-Chaumes du Forez. Les jas sont de petites fermes d’estive, couvertes de chaume ou de tuiles rondes, souvent regroupées en hameaux assez lâches, que l’on nomme les jasseries (groupement de 5 ou 6 jas).
Le jas est une maison-bloc : le toit et les murs ne forment qu’un seul volume.
La famille montait avec le troupeau à la belle saison. On y fabriquait la fourme d’Ambert.
En vous promenant sur les hautes-Chaumes, vous pourrez voir ces jasseries, certaines sont devenues musée, hébergements, restaurants, lieux de vie et de culture : jasserie du Coq Noir, jasserie Jean-Marie.

 Le rouet
Le rouet ne possède pas d’habitation, c’est un lieu de travail et de vie sociale. L’émoulure et polissage des lames de couteau se réalisaient dans ce type de moulin situé dans la vallée de la Durolle. La roue à aubes verticale faite de bois et de métal (XIXè, XXème siècle) entraîne les pierres à émoudre installées au rez-de-chaussée.
Les émouleurs travaillent en position couchée. Un système de courroies transmet le mouvement à l’étage pour les opérations de polissage.
Vous pouvez visiter un rouet à Thiers dans la Vallée des rouets.

 Le moulin à papier
Ce type de moulin est devenu le symbole de la tradition artisanale du Livradois. La roue à aubes en position verticale, pour développer plus de puissance, entraîne un arbre à cames qui soulève en rythme les fameux marteaux chargés de broyer l’étoffe en coton. La fabrication du papier se déroule au rez-de-chaussée. Il est mis à sécher étendu dans le grenier aéré, bardé de bois.
Il est possible aujourd’hui encore de visiter un moulin à papier à Ambert : Le Moulin richard de Bas.

 La maison en hauteur 
La maison en hauteur a été jusqu’au XIXème siècle l’habitat des paysans du Livradois et de toute la France méditerranéenne. Le bâtiment est adapté pour la polyculture et l’élevage du mouton ; il superpose une bergerie au rez-de-chaussée, une habitation à l’étage desservie par un escalier extérieur, un grenier et un fenil.

 La maison bloc
A partir de 1840, le troupeau de moutons est remplacé par quelques vaches ; les campagnes sont très peuplées. Les anciennes maisons ne conviennent plus : partout se construisent de nouvelles habitations qui s’organisent toutes de la manière suivante :
- au rez-de-chaussée : une habitation, l’étable, la remise
- au 1er étage : les chambres et le fenil
- au 2ème étage : le grenier
- au 3ème étage : des chambres

 La maison en hauteur des pays viticoles
Les vignerons ont formé depuis toujours l’aristocratie de la paysannerie auvergnate. Ce sont leurs maisons qui ont servi de modèle à leurs proches cousins de la montagne. La cave est au sous-sol, le cuvage au rez-de-chaussée, un escalier extérieur accède à l’habitation au 1er étage (au XIXème siècle, l’escalier passe souvent à l’intérieur). Un grenier et quelquefois une réserve à viande sont au second étage.

 La maison de communauté
Un nombre important de petits villages du Livradois-Forez, notamment dans le pays de Thiers, doivent leur origine à des communautés familiales. Plusieurs couples et leurs familles vivaient dans la même maison. Dans les maisons communautaires, les chambres sont desservies par une galerie en bois suspendue sous un large auvent. Au rez-de-chaussée, se trouve une grande salle commune munie d’une impressionnante cheminée.
Les bâtiments utilitaires formaient avec l’habitation un hameau.

 La scierie 
Les scieries avec leur scie battante ont mécanisé la technique ancestrale du scieur de long. Le banc de scie est abrité sous un hangar. Ce type caractéristique de moulin est bien représenté sur les versants des monts du Forez.

 Une architecture de pierre ou de terre 
En Livradois-Forez, les paysages sont rarement vides de présence humaine. Cette dispersion de l’habitat est l’un des aspects majeurs de l’occupation des sols. Sous des toits qui furent d’abord de chaume, puis en tuile canal, les murs déclinent toutes les nuances grises du granite ou du basalte, et blondes des murs en pisé.
Dans ses grandes lignes, la nature des roches employées suit les ressources géologiques locales : au cœur du massif du Livradois, c’est le granite qui domine ; les gneiss et les micaschistes apparaissent dans la zone de contact du plateau de La Chaise-Dieu et des monts du Livradois ; les basaltes sont, quant à eux, présents à proximité des édifices volcaniques.
Le Livradois-Forez se distingue surtout comme l’une des plus riches régions de France pour la qualité et la diversité de son architecture en terre crue. Le pisé (association de terre argileuse et de graviers compactés), excellent matériau de construction bon marché, isolant, facile à mettre en œuvre, a été largement utilisé dans toute la région, notamment dans le bassin de la Dore.

Plus d'informations sur le site du Parc Naturel Régional Livradois-Forez