Les Hautes-Chaumes du Forez : « ça ressemble aux steppes de Mongolie »!

©J-C MAVEL, photothèque du Parc naturel régional Livradois-Forez

Des bois sur les Hautes-Chaumes du Forez ?

Les scientifiques et les botanistes expliquent que les Hautes-Chaumes des monts du Forez étaient boisées à l’origine. Elles ont été tout d’abord façonnées par des traditions pastorales, remontant à l’époque romaine. Quelques siècles plus tard, au Moyen Âge, l’estive s’est organisée autour des jasseries. Ces fermes d’altitude permettant l’hébergement des familles et des bêtes durant l’été. Plus précisément : de mai jusqu’aux premières neiges. La vie quotidienne était alors rythmée par  cette transhumance. Tandis que les hommes s’occupaient des foins et des moissons dans la vallée, la surveillance, la traite des vaches (principalement de la race locale des ferrandaises) et la fabrication des fourmes étaient, quant à elles, à la charge des femmes et des enfants, établis temporairement sur la montagne.

©J-C MAVEL, photothèque du Parc naturel régional Livradois-Forez

Les jasseries : ces « fermes d’en-haut »

Les jasseries sont des habitations en pierre, soit au toit de chaume, soit couvertes de tuiles. Au rez-de-chaussée se trouvaient l’étable, unique pièce d’habitation et la cave où étaient affinées les fourmes. Puis, au-dessus était stocké le fourrage. Très souvent la construction se faisait en aval d’une source canalisée et divisée en deux. Une partie de l’eau traversait l’étable afin d’en laver le plancher et d’évacuer le purin des bêtes, l’autre partie s’écoulait dans la cave, afin de créer une hygrométrie suffisante pour l’affinage des fromages.

©J-C MAVEL, photothèque du Parc naturel régional Livradois-Forez

À partir des années 1960, la transhumance perdit son attrait. Les « fermes d’en-haut » furent petit à petit abandonnées et les pelouses menacées par l’enfrichement. De cet héritage pastoral, il reste un patrimoine bâti hors du commun et quelques dizaines de milliers d’hectares de landes toujours parcourus par des troupeaux qui bénéficient de l’herbe de l’estive. Plus aucune famille ne transhume dans les jasseries. Mais les visiteurs peuvent retrouver l’histoire et l’esprit de ce passé révolu en arpentant les espaces infinis et en se rendant, par exemple, à la Jasserie du Coq noir, à Saint Anthème. Par ailleurs, lieu culturel et gastronomique, on y sert quotidiennement le traditionnel patia de pommes de terres confites dans la crème… Vous ne devez pas partir du Livradois-Forez sans avoir visité les Hautes-Chaumes.