Un savoir-faire de plusieurs siècles

L’invention du papier serait chinoise : Moung Tian, général d’Empire, l’ aurait inventé en 200 avant J.-Christ. Un plongeon dans l’histoire où la transmission de ce secret s’est effectuée très lentement. Ce n’est qu’en 751 après J-C. que les Arabes la diffusent, après avoir fait de nombreux prisonniers chinois lors de la bataille de Talas. Au xiiie siècle, les premiers moulins à papier apparaissent en Occident. Bientôt naissent les papetiers d’Ambert.

Par la suite, c’est l’industrie papetière auvergnate, notamment représentée par le Livradois-Forez, qui devint la plus importante du royaume. Elle le resta jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, voire un peu au-delà.

Une tradition vivante des papetiers d’Ambert

Au moulin Richard de Bas si le secret de la fabrication n’est pas jalousement gardé, l’activité n’en demeure pas moins dynamique.

« Au moulin Richard de Bas, les visiteurs viennent retrouver l’authenticité », rapporte Sylvain Peraudeau copropriétaire du moulin.

« Si quatre ou cinq moulins à papier sont encore en activité en France en 2018, le moulin Richard de Bas est l’un des seuls à avoir une pile à maillet toujours en fonctionnement. Nous souhaitons ainsi maintenir ce savoir-faire comme à son origine, notamment pour la création du papier-chiffon. Nous produisons également des papiers avec des insertions de fleurs, des artistes viennent aussi créer des compositions florales. »

Et un patrimoine qui s’inscrit aussi dans le paysage

C’est Marius Péraudeau, représentant en papier, ami de Henri Pourrat qui racheta le moulin quelques années après la mort du dernier papetier en 1938, avec l’intention de le remettre en route. On raconte que devenu maitre des lieux, le nouveau propriétaire s’assit sur le muret face à son bien, et se dit qu’il ne suffisait pas de redémarrer le moulin, mais qu’il fallait aussi montrer comment on faisait le papier : en d’autres termes, il fallait faire du moulin un musée vivant. Après de gros travaux, la fabrication put reprendre à l’été́ 1942 et l’inauguration intervint en juillet 1943. Depuis cette époque, le public ne l’a jamais déserté.

Le Chemin des papetiers qui serpente dans la vallée de Valeyre permet aux randonneurs de voir d’autres moulins, aujourd’hui arrêtés, dont celui de Nouara qui fut l’une des plus grosses fabriques du XVIIIe siècle et qui a été récemment restauré par une fondation locale qui œuvre dans le domaine du patrimoine et de la culture.