Concert Quatuor Mycélium - Rencontres Culturelles d'Usson 2022#4

Le Quatuor Mycélium jouant sur instruments historiques relie les grandes œuvres du répertoire ; l’hommage fraternel de Mozart à Haydn, la révérence musicale de Haydn à l’empereur d’Autriche, la délicatesse artistique suprême du Rosamunde de Schubert.

Haydn (1732-1809), Mozart (1756-1791) et Schubert (1797-1828) vont porter très haut l’art du quatuor à cordes qui devient au tournant des âges classique et romantique une des plus belles formations de musique de chambre.

Tout d’abord un Mozart en 1783, après avoir découvert l’œuvre de Bach et de Haendel, compose dans l’allégresse divine de la lumineuse tonalité ternaire de Mib M. le 3ème en date mais classé 4ème des quatuors qu’il dédie à son cher ami et altiste comme lui, Joseph Haydn. Et c’est cette insouciance de la jeunesse que Mozart nous balade avec malice, charme et fraîcheur dans un Allegro non troppo initial mouvant, puis un Andante con moto d’une rare élégance où les quatre cordes dessinent le génie du compositeur autrichien.

Premiers tourments de l’âme dans le trio d’un court Menuet et nous enchaînons sur un Allegro vivace où Mozart affirme un classicisme viennois d’une brillante virtuosité pour le premier violon. Six ans après la disparition de l’ami Wolfgang, le complice Joseph Haydn, alors qu’il achève son grand œuvre, l’oratorio La Création, n’a plus rien à prouver dans l’écriture du quatuor dont il a fixé la forme moderne. En 1797, l’année où naît Schubert, Haydn se souvient de l’ami disparu et comme en miroir compose six quatuors restés célèbres dont « l’Empereur ».

Ce quatuor s’ouvre par un Allegro initial en Do M., noblesse de la tonalité qui annonce un Poco adagio cantabile, variations de Haydn de son propre hymne Gott erhalte Franz den Kaiser commande de l’Empereur Franz II d’Autriche qui, ironie du sort deviendra l’hymne de l’Allemagne contemporaine ! Le Menuetto sera la citation mozartienne d’une jeunesse perdue avant que Haydn ne nous questionne et accroisse le champ des possibles du romantisme avec un Presto final convoquant une chevauchée d’une noirceur étonnante. Alors la porte est ouverte pour que Franz Schubert, 27 ans plus tard en 1824, emprunte le chemin d’un romantisme intérieur et comme il en est coutumier, s’autocite pour parachever son voyage poétique.

Le 13ème quatuor sera celui des réminiscences et de la dédicace aux poètes ; les mouvances de Marguerite au rouet - premier lied de Schubert composé à 17 ans – extrait du Faust de Goethe dans l’Allegro ma non troppo initial, les dieux grecs de Schiller autre lied de jeunesse qui se métamorphose en une valse populaire autrichienne, ce ländler que Schubert affectionnait, dans le Menuetto – Allegretto et enfin l’extraordinaire romance variée, musique de scène du drame Rosamunde de Helmina von Chézy, la plus parisienne des poétesses allemandes, et qui donnera son nom au quatuor. Schubert se réapproprie son propre thème et en tire la quintessence harmonique dans un second mouvement Andante d’une tendre et lumineuse beauté. Mais d’où vient cette lumière énigmatique qui traverse tout le 13ème quatuor du cher Franz ?

Ce chant scintillant de poète ne serait-il pas comme l’aveu d’une Marguerite amoureuse : « Ses paroles enchanteresses, son étreinte, son baiser » ?

Catégories

  • Spectacle
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Langues parlées

  • Français
Services & équipements
Tarifs & paiement

Participation libre. Au bénéfice de la restauration du patrimoine.

Gratuit

Moyens de paiement

  • Chèque
  • Espèces
Dates
PériodesHoraires
Le 07 août 2022Dimanche à partir de 17h00 et à partir de 21h00

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